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Publié le par GRY

L’exercice IROQUOIS valide la pertinence du concept SCALP

 

 

 

 

 

En service depuis le printemps 2004 sur Mirage 2000-D, et depuis l’été 2006 sur Rafale, le système de croisière à longue portée SCALP-EG, en faisant entrer la France dans le club très fermé des puissances détentrices de missiles de croisière, constitue un outil stratégique à la disposition du décideur politique, ainsi qu’une arme précise et efficace pour les niveaux opératif et tactique. Capable de frapper avec une grande précision, à des milliers de kilomètres de sa base de départ, par tout temps, à distance de sécurité des objectifs de haute valeur, cet armement autonome présente une très forte probabilité de coup au but, en maîtrisant les dommages collatéraux, sans exposer nos équipages au feu de l’adversaire.

L’exercice IROQUOIS, conduit avec succès par l’armée de l’air du 15 au 22 janvier 2007, a permis de jouer en conditions réelles l’ensemble du processus de mise en oeuvre de cet armement, depuis la planification des frappes jusqu’à la réalisation de tirs simulés sur des cibles situées à des milliers de kilomètres. IROQUOIS a validé la pertinence du concept SCALP dans le cadre de frappes lointaines sélectives, précises et réactives, confortant la dimension stratégique de la puissance aérienne.

Le vol IROQUOIS a consisté en l’exécution de deux raids SCALP. Le premier, réalisé depuis la base aérienne d’Istres, visait à simuler un tir dans la région de Djibouti, à l’issue d’un vol direct, selon le concept de « frappe coup de poing ». Intégrés au sein d’un ensemble cohérent assurant leur escorte (chasseurs de défense aérienne) et leur soutien (avions de ravitaillement en vol et d’alerte avancée), 4 chasseurs-bombardiers Mirage 2000-D ont réalisé leur mission sur des cibles définies au niveau stratégique dans un environnement de menace dense.

La « frappe coup de poing » permet ainsi aux plus hautes autorités politiques et militaires de montrer la détermination de la France par une action de coercition précise, quel que soit le point d’application de la force, en s’appuyant sur un dispositif léger et robuste vis-à-vis de la menace. Selon les circonstances, la montée en puissance de la force d’action pourra s’effectuer de manière discrète, ou au vu et au su des acteurs, étatiques ou non, susceptibles de mettre en jeu nos intérêts. Cette ambivalence concourt au potentiel dissuasif du dispositif. La puissance aérienne, de par les caractéristiques intrinsèques au milieu et aux vecteurs aériens, permet d’agir dans des délais très brefs, en gardant jusqu’à l’extrême limite (tir des armements) une option de demi-tour. Le directeur de l’exercice, en contact permanent avec le dispositif depuis le centre de conduite des opérations aériennes, était ainsi en mesure de confirmer la poursuite de l’action jusqu’à son terme, ou de l’interrompre à tout moment.

En s’appuyant sur les bases prépositionnées ou de théâtre, le champ d’action de cet armement s’étend à la quasi totalité des zones d’intérêt stratégique. Ainsi, le vol retour, préparé et exécuté depuis Djibouti, a validé l’aptitude des aviateurs à mener la frappe depuis une base aérienne de théâtre. Le dossier d’objectif, transmis par les structures expertes métropolitaines via des transmissions de données satellitaires, a permis aux équipages de préparer leur raid à partir de Djibouti en bénéficiant de toutes les données utiles à la réalisation d’une mission nominale. L’armée de l’air a ainsi démontré dans les faits son aptitude à « entrer en premier » sur un théâtre, et à y projeter de la puissance à distance de sécurité. Cette capacité stratégique constitue un faire-valoir précieux dans le cadre d’une intervention multinationale confortant ainsi la capacité française de nation-cadre de haut niveau.

 

Le SCALP-EG est un armement de longue portée (supérieure à 250 km), affichant de nombreux atouts : précision de navigation (guidage sur trajectoire par GPS), précision d’impact (métrique), fort pouvoir de pénétration, discrétion (pénétration basse altitude, faible signatures radar et thermique). Développé par MBDA au profit des armées française et britannique, il est aussi appelé à équiper les armées de l’air de l’Italie, de la Grèce et de l’Arabie Saoudite. Les Britanniques en ont tiré une trentaine lors de la campagne irakienne du printemps 2003, avec un très fort taux de réussite.

Armement de souveraineté permettant à la France de se placer au sein des armées de l’air les plus performantes du monde, le SCALP-EG est donc un outil particulièrement pertinent. Susceptible de produire des effets dans tout le spectre des actions militaires, il est un atout pour les opérations aérospatiales contemporaines : tiré à distance de sécurité, impactant avec une extrême précision, il concourt tant à la réalisation des objectifs recherchés qu’à la sauvegarde du potentiel humain (pertes amies, dommages collatéraux). Il est un moyen d’application de la puissance aérienne globale (ponctuel ou massif) et réversible, dont l’emploi est maîtrisé à tout moment par les plus hautes autorités, au service de la sécurité de nos concitoyens.

Commandant Jean-Patrice Le Saint

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